Insécurité

Deux ans après l’intervention armée des forces de la coalition, l’Irak reste la proie de violences extrêmes. Ces violences n’épargnent aucun secteur de la population mais touchent tout particulièrement les populations civiles et parmi elles, les personnes les plus vulnérables. En plus de porter gravement atteinte au droit à la vie, l’insécurité fait obstacle au succès de tout effort de reconstructiondes institutions ou de l’économie du pays./ de l’Irak.

Deux ans après le début de la guerre, alors que certaines estimations évaluent les pertes civiles à près de 100 000 victimes, la population irakienne vit encore une situation de pénurie chronique de carburant et d’électricité. A l’exception de la région autonome kurde, le niveau de violence engendré par l’absence de contrôle étatique est tel, que les actes les plus élémentaires de la vie quotidienne relèvent souvent de l’exploit.

L’accès aux soins et à l’éducation est ainsi menacé, les hôpitaux et les écoles étant souvent la cible d’attentats et de combats. Investis depuis plus de 250 ans dans les domaines de la santé et de l’éducation, les frères et sœurs Dominicains d’Irak sont vivement préoccupés par les conséquences de ces privations et de cette violence non seulement sur le présent, mais aussi sur le futur des jeunes Irakiens.

Respect du droit humanitaire

Incontestablement, le rétablissement de la sécurité constitue un droit et un devoir prioritaire pour les nouvelles autorités irakiennes et les puissances occupantes. Néanmoins, la fin ne saurait justifier les moyens et l’emploi de méthodes violant les principes de l’Etat de droit ne saurait aboutir qu’à l’aggravation des tensions existantes.

Dans la phase actuelle du conflit, le respect des principes fondamentaux des Conventions de Genève et du droit international humanitaire en général, constitue un premier pas indispensable à toute avancée positive. Dans la conduite des opérations, toutes les parties au conflit, quelles qu’elles soient, ont l’obligation de se conformer à ce droit, sans condition de réciprocité.

Ainsi, les Etats ne sauraient s’exonérer de leur responsabilitéjuridique, ni en transférant certaines de leurs activités à des acteurs privés, mercenaires ou “ sociétés de sécurité ”, ni en s’abstenant d’appliquer le droit humanitaire sous prétexte de la nature terroriste des activités de leurs adversaires.

La protection des populations civiles, quelle que soit leur appartenance communautaire ou religieuse, doit demeurer un objectif prioritaire de toutes les parties au conflit.

  • Rétablissement de l’Etat de droit

L’établissement d’un Etat de droit est sans doute le principal défi à long terme auquel l’Irak se trouve confronté. La persistance d’un haut degré d’impunité reste un facteur clef dans l’engrenage de la violence. La lutte contre l’impunité passe par la mise en place d’institutions judiciaires indépendantes et efficaces, aptes à connaître des affaires d’ordre criminel mais aussi des différents d’ordre privé ou commercial, à l’origine d’une part non négligeable des violences frappant les populations.

Les actions commises par les forces étrangères stationnées en Irak, ainsi que par les personnes privées travaillant sous leur contrôle, devraient aussi pouvoir faire l’objet de poursuites devant des juridictions appropriées. Pour lutter contre le sentiment d’impunité, il est capital que cette justice soit réellement accessible aux plaignants, visible, rapide et équitable. L’absence de possibilité de recours juridictionnel contribue à la violence dans le pays. A défaut d’une justice publique efficace, le recours à la justice privée reste pour beaucoup la seule alternative.

L’ONU et la communauté internationale peuvent ici jouer un rôle majeur en apportant leur soutien aux nouvelles autorités irakiennes en matière de formation du personnel et de la mise en place d’institutions et de procédures conformes aux droits de l’homme et aux standards internationaux.

Respect des minorités

La diversité culturelle et religieuse a toujours fait partie intégrante de la réalité irakienne. Elle implique un dialogue et une associationde toutes les composantes de la société à la vie politique, économique et sociale du pays.

Les distinctions entre Chiites et Sunnites, Arabes et Kurdes, Assyriens et Turkmènes, Chrétiens, Yézidis ou Mendéens sont une source de richesse culturelle et une chance d’ouverture pour les populations irakiennes.

Le respect des minorités ethniques et religieuses ainsi que leur association à la conduite de affaires publiques, la garantie de la liberté religieuse de chaque citoyen est une condition sine qua non de l’apaisement de la situation irakienne.

  • Recommandations :

Dominicains pour Justice et Paix, Dominican Leadership Conference, Congregations of St.Joseph, Pax Christi Internationalis,  en conjonction avec Franciscans International recommandent les point suivants :

  • Recommandons à la Commission des Droits de l’Homme ainsi qu’aux autres organes des Nations Unies de prendre sérieusement en considération le rapport du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme sur “ la situation actuelle des droits de l’homme en Iraq ”, en mettant en œuvre ses principales recommandations dans les meilleurs délais.
  • Recommandons aux Nations Unies et à la communauté internationale de prendre les mesures de coopération nécessaires pour accompagner les nouvelles autorités irakiennes dans leurs efforts de reconstruction, notamment dans les domaines administratifs et judiciaires, comme préalable au retour de la paix et de la sécurité dans le pays.
  • Exhorte les autorités irakiennes à associer pleinement toutes les composantes de la société à la reconstruction du pays, dans le respect de la diversité religieuse et communautaire historique de l’Irak. / de l’égalité des citoyens devant la loi, quelle que soit leur appartenance religieuse ou communautaire.

www.un.op.orgwww.domlife.org

Rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme – Situation actuelle des droits de l’homme en Iraq. (E/CN.4/2005/4)

Oral, Written or Summary: 
Meeting: 

co05

Commission on Human Rights (61st Session) 2005
Meeting Year: 
2005
Meeting Name: 
Commission on Human Rights (61st Session) 2005