Brésil : des frères dominicains contre le travail forcé

L'Ambassade de France à Brasilia rend hommage à trois frères dominicains français engagés depuis plusieurs années dans la défense des paysans sans terre et la lutte contre le travail forcé en Amazonie.

Les Frères Henri Burin des Roziers o.p., Xavier Plassat o.p. et Jean Raguénès o.p., membres de la Commission pastorale de la terre (CPT) de l'Eglise catholique, ont reçu cet hommage "en reconnaissance pour leur action de libération de populations en situation de travail esclave", a déclaré mardi à l'AFP Stéphane Schorderet, conseiller de presse de l'ambassade.

Un documentaire sur leur lutte contre les violences subies par les travailleurs ruraux a été projeté. Il a été suivi d'une table ronde où ils ont raconté leurs longues années en Amazonie.

Les religieux ont déclaré à plusieurs reprises "qu'il n'y a pas de développement sans respect des droits de l'homme et pas de respect des droits de l'homme sans développement".

En 2008, plus de cinq mille paysans travaillant dans des conditions s'apparentant à de l'esclavage ont été libérés au Brésil, la moitié dans des grandes fermes en Amazonie. D'autre part, quelque 1.500 paysans sans terre ont été tués dans des conflits agraires avec de grands propriétaires terriens entre 1985 et 2008, selon un rapport de la CPT.

Installé depuis 30 ans au Brésil, le frère Henri Burin des Roziers o.p., avocat de la CPT aujourd'hui établi à Xinguara, dans le sud de l'Etat amazonien du Para - l'un des plus violents du pays en matière de conflits agraires - a déjà reçu le prix international des Droits de l'Homme en 2005.

Le frère Henri est protégé par la police depuis 2005, après l'assassinat dans l'ouest du Para de la missionnaire américaine Dorothy Stang, 73 ans, qui développait un projet écologique avec des paysans sans terre. Il fait régulièrement l'objet de menaces de mort.