Sénégal : Preocupación de la Alta-Comisionada de la ONU para los Derechos Humanos

GENEVE – La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a exprimé jeudi sa préoccupation quant à un possible usage excessif de la force par les autorités à Dakar, la capitale sénégalaise, de même que dans d’autres villes. Elle a averti que la solide tradition de ce pays en matière d’élections pacifiques et démocratiques pourrait être menacée si les autorités ne réagissaient pas de manière appropriée aux manifestations en cours.

Au moins quatre personnes, dont un officier de police, auraient été tuées cette semaine au cours des manifestations qui ont suivi la publication de la liste des candidats à l’élection présidentielle, approuvée par le Conseil constitutionnel. Les rapports suggèrent que, dans certains cas et dans plusieurs quartiers de Dakar, la police a tiré sur des manifestants en train de brûler des pneus et de lancer des pierres. Des violences ont aussi été rapportées dans les villes de Podor, Thies et Kaolack.

« Les rapports faisant état d’un usage excessif de la force par la police en réponse à la violence de certains manifestants, sont vraiment préoccupants étant donné la tradition du Sénégal concernant le respect des libertés d’association, de rassemblement et d’expression » a dit la Haut-Commissaire. « En plus d’exhorter à la modération de la part des autorités, j’appelle tous les candidats à l’élection présidentielle à renoncer et à décourager toute nouvelle tentative de violence ou d’incitation à la violence. Le Sénégal a un long passé d’élections et de transition pacifiques et démocratiques qui pourrait être remis en question si la situation actuelle, extrêmement tendue, entraînait de nouveaux actes de violence et de représailles. »

Navi Pillay a souligné que les représentants de la loi doivent absolument respecter les normes établies par le droit international en matière de maintien de l’ordre public, et notamment les directives détaillées qui régissent l’utilisation des balles réelles*. Elle a appelé à une investigation minutieuse, impartiale et transparente des meurtres ayant eu lieu ces derniers jours et de l’usage présumé d’une force disproportionnée par les policiers.

« Toute personne ayant commis des actes violents ou excessifs doit être tenue pour responsable, que ce soit un manifestant ou un policier » a dit Navi Pillay. « Avec la campagne présidentielle qui commence ce week-end, je ne peux que souligner l’importance du respect des droits de l’homme fondamentaux et de la liberté d’association, de rassemblement et d’expression. Ces droits sont particulièrement importants en période d’élection » a-t-elle ajouté.

FIN

*La conduite des responsables de l’application des lois est traitée par plusieurs normes et codes internationaux spécifiques, parmi lesquels les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois et le Code de conduite des Nations Unies pour les responsables de l’application des lois.

HCDH Page du pays - Sénégal http://www.ohchr.org/en/countries/africaregion/pages/snindex.aspx

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Source : Bureau du Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l'Homme